Les opérateurs blessés du COMFOSCAN verront leurs primes coupées

Les différents métiers militaires sont depuis toujours classés comme les plus dangereux à exercer. Ceux des opérateurs du COMFOSCAN le sont plus encore. Constamment en entraînement pour se déployer très rapidement, ces opérateurs risquent leurs vies pratiquement tous les jours pour garder un niveau opérationnel très élevé.

De plus, les opérations effectuées par ces opérateurs sont souvent de nature extrêmement précaire et exigent une précision inégalée. Malheureusement, beaucoup d’entre eux se blesseront lors de l’entraînement ou pendant qu’ils effectuent leur mission.

Dû aux risques élevés, les militaires appartenant au Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) se font attribuer des primes spéciales.

Des membres du COMFOSCAN entraînent des soldats kurdes au nord de l'Irak.
Des membres du COMFOSCAN entraînent des soldats kurdes au nord de l’Irak.

Le Gouvernement du Canada a récemment annoncé qu’il revoyait la politique de ses primes spéciales et coupera ces primes aux militaires du COMFOSCAN qui seront blessés pour une période de plus de 180 jours.

Donc, selon la logique du gouvernement canadien, un opérateur ayant été blessé au combat ou pendant un entraînement lié aux nombreux déploiements effectué par le COMFOSCAN verra sa prime coupée s’il est incapable d’être opérationnel après une période de 180 jours.

Un opérateur de la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI2) qui serait blessé pour une période de plus de 6 mois, verra son salaire amputé de plus de 23 000$. Cette somme est significative pour un militaire ayant une famille et des obligations financières.

Pour un gouvernement se proclamant défenseur des vétérans, je suis d’avis que de couper ces primes à des militaires blessés, est complètement absurde. Pour certains, le fait d’être non-déployable justifie que cette prime soit coupée, mais pour la vaste majorité des militaires ayant participé à des missions de combat, cette décision est inacceptable.

Cette mesure va aussi mettre beaucoup de pression sur ces militaires blessés et certains d’entre eux n’auront aucun autre choix que de mentir pour retourner au travail même s’ils ne sont pas complètement rétablis. Malheureusement, ces mêmes militaires pourraient aggraver leurs blessures ou même voir leur carrière écourtée par peur de perdre cette prime.

Dû à la nature très secrète des opérations spéciales, les militaires affectés au COMFOSCAN ne peuvent commenter publiquement cette nouvelle mesure, mais quelques sources anonymes m’ont confirmé leur mécontentement et appréhension face aux futurs déploiements.

Un de ces opérateurs m’a confié que dû à cette nouvelle politique, les entraînements pré-déploiement pourraient se voir diminués d’intensité ou même voir certains opérateurs être plus prudents au détriment de la rapidité d’exécution pour « ne pas se blesser et perdre leur prime ».

Néanmoins, le professionnalisme des militaires affectés au COMFOSCAN fera en sorte que lors des déploiements outre-mer, la qualité de leur travail ne se verra pas diminuée. Néanmoins,  le gouvernement du Canada devrait revoir cette nouvelle politique et ne pas couper les primes de nos soldats qui se battent et qui reviennent blessés pour nous.