Un deuxième contrat réclamé par le chantier Davie

Le chantier Davie réclame un deuxième contrat pour la conversion d’un second porte-conteneur en navire de ravitaillement de la Marine royale canadienne.

Évalué à 600 millions de dollars, l’Astérix est considéré comme une économie de plus de 1.8 milliards de dollars comparativement à une construction totalement canadienne par un chantier sur la côte ouest. De plus, la conversion du navire porte-conteneur a significativement réduit le temps de production, une importante décision pour la Marine royale canadienne qui n’a présentement aucun navire de ravitaillement.

Le MS Astérix, converti par le chantier Davie. Courtoisie de Davie.
Le MS Astérix, converti par le chantier Davie. Courtoisie de Davie.

Après l’inauguration du premier navire de classe Resolve, le MS Astérix deviendra le plus gros navire de la Marine royale canadienne (MRC) et servira pour l’approvisionnement en mer et pour des missions humanitaires.

Après le retrait du NCSM Protecteur en mai 2015, la MRC ne comptait plus aucun navire capable de ravitailler ses vaisseaux en mer. La conversion du MS Astérix a démontré que le chantier Davie a acquis l’expertise nécessaire pour convertir un second navire qui pourrait être nommé Obélix.

Selon Paul-Émile Barbeau, l’architecte qui a réalisé les plans du navire Astérix, le chantier Davie n’a absolument rien à envier à ses compétiteurs. La conversion du Astérix a été effectué dans les délais prescrit, ainsi que sans dépassement de coût, ce qui pourrait avantager le chantier situé à Lévis.

« Ils ont réussi à livrer dans les délais et dans les budgets convenus. C’est exceptionnel! Les autres grands chantiers du Canada sont loin d’un tel accomplissement », dit-il.

Spencer Fraser, le directeur de Federal Fleet Services, croit que la conversion d’un navire permet au Canada de faire des économies remarquables et au moins trois pays de l’OTAN sont intéressés par cette initiative.

« On a au moins trois pays de l’OTAN qui sont venus nous parler parce que nous sommes en train de livrer un bateau qui coûte le quart du prix par rapport à ce qui serait livré à la Marine canadienne par un autre chantier au Canada. »

L’octroiement d’un deuxième contrat pour le chantier Davie signifierait que plus de 800 travailleurs ne serait pas renvoyé à la maison d’ici la fin de l’année et permettrait à la MRC d’avoir un navire ravitailleur sur chacune de ses côtes.

Le conversion du Astérix a aussi permis à plus de 900 sous-traitants canadiens d’employer des travailleurs professionnels.

Le chantier Davie mérite amplement le contrat pour l’Obélix et avec l’expérience acquise par ses travailleurs, les délais de livraison devrait être similaires ou même réduits.

Les chantiers Irving Shipbuilding d’Halifax et Seaspan’s Vancouver Shipyard de Vancouver ont reçus d’énormes contrats pour la conception et la fabrication des prochains navires de la MRC ce qui plaçait le chantier Davie dans une position précaire. Le chantier Davie n’était pas dans les plans de la Stratégie nationale de construction navale :

« Irving Shipbuilding Inc. a été sélectionné pour les travaux de construction du lot relatif aux navires de combat. Vancouver Shipyards Co. Ltd. de Seaspan a été sélectionné pour les travaux de construction du lot relatif aux navires non destinés au combat. »

Cependant, avec le succès engendré par la conversion du MS Astérix, il est impératif que le constructeur naval québécois se voit octroyer de nouveaux contrats assurant la survie de l’industrie navale au Québec et la continuation du développement de son expertise dans la matière.