Le Canada propose troupes et équipements à l’ONU

Voilà plus de deux ans, le Premier Ministre Justin Trudeau avait promis que le Canada contribuerait plus de 600 soldats à des missions des Nations Unies (NU). Cependant, l’annonce du gouvernement canadien au sommet des Nations Unies sur les opérations de maintien de la paix à Vancouver n’identifie aucun plan concret incluant un possible théâtre d’opération et les ressources allouées à celui-ci.

Selon Ottawa, plus de 600 militaires canadiens pourraient être affectés à diverses missions de paix sur les cinq prochaines années, mais le plan fédéral actuel n’engage que 200 militaires présentement.

Le plan du gouvernement Trudeau se résume ainsi :

  • Une cinquantaine de soldats, policiers et civils pour entraîner d’autres pays contribuant aux missions des NU dans des domaines comme les opérations médicales en campagne et les opérations contre-EEI (engin explosif improvisé).
  • Une force de réaction rapide de plus de 200 soldats prêts à intervenir en cas de missions d’évacuation médicale ou pour défendre d’autre troupes des NU qui se verraient sous attaques constantes.
  • Deux hélicoptères de type CH-47F Chinook et quatre hélicoptères armés de type CH-146 Griffon agissant comme escorte. De plus, un CC-130J Hercules sera mis sous le commandement des Nations Unies en Ouganda.
  • Plus de 21 millions de dollars pour augmenter la présence féminine dans les déploiements des missions de paix des Nations Unies.

Par contre, la mise en œuvre de la stratégie canadienne pourrait prendre plusieurs mois et serait sous le contrôle des Nations Unies. Selon Justin Trudeau, le Canada travaillerait directement avec les NU pour établir comment le gouvernement canadien participerait aux efforts de paix.

Indirectement, Ottawa donne pratiquement le contrôle sur le déploiement de troupes et d’équipements canadiens aux Nations Unies, une décision qui, selon moi, est tout à fait inacceptable. Le déploiement de troupes canadiennes devrait être une décision uniquement établie par Ottawa. Par la suite, le Canada pourrait offrir son aide aux NU selon ses propres termes et non se laisser guider par une organisation non canadienne.

Le Canada a déployé des casques bleus en Haïti en 2015
Le Canada a déployé des casques bleus en Haïti en 2015

Ceci étant dit, le Canada se tourne vers l’assistance technique et la formation. L’expérience acquise en Afghanistan par les militaires canadiens pourrait servir aux différents pays qui ont de vastes problèmes de terrorisme ou de guerres civiles. Par contre, le déploiement de petits groupes de formation n’aurait pas d’impact rapide sur la situation dans les pays où les soldats canadiens seraient déployés.

Je ne serais pas surpris de voir le Canada déployer ses troupes dans des centres de formation pour les missions de maintien de la paix et ne voir aucun soldat canadien sur le terrain pour contrer les groupes terroristes.

La France demande l’aide du Canada en Afrique

La France fait pression auprès du Canada pour que les soldats canadiens participent à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). La relation militaire entre le Canada et la France est très bonne, et plusieurs exercices conjoints ont contribué à une excellente interopérabilité entre les troupes françaises et canadiennes.

La France demande l'aide du Canada au Mali
La France demande l’aide du Canada au Mali

Avec des soldats québécois parlant français, le Canada se verrait capable de converser avec la population civile et les soldats français sans l’aide d’interprètes.

Plus de cinquante pays font partie de la MINUSMA dans une des régions les plus dangereuse en Afrique.

Cependant, comme j’ai mentionné ci-haut, le gouvernement Trudeau n’aura pas l’audace de déployer ses troupes sur le terrain par peur de pertes canadiennes, surtout avec une élection qui arrive rapidement en 2019.

Les prochains mois nous démontrerons l’engagement canadien envers les Nations Unies, mais il est clair qu’Ottawa ne remplira pas sa promesse d’être « de retour ». Malheureusement, cette nouvelle stratégie n’aidera en aucun cas la candidature du Canada pour l’obtention d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2021.